Journée de la Femme Printemps 2009 - Une première fois
UNE PREMIERE FOIS D’IMPORTANCE : JE SUIS DANS LES BRAS D UN HOMME !!!
Celle-là, nom d’une pipe pour une première fois, çà en a été Une !! Je vais vous raconter en commençant par les personnages et les circonstances :
MOI, j’étais frêle, un souffle de printemps, rien, en fait. J’étais transparente, une bulle parmi les autres espérances, juste une attente voletant dans une nébuleuse lactée. Dans un temps irréel de millénaires immuables. Quelque impalpable intemporel. Comment décrire l’inexistant ? comment chanter le joli, le céleste virtuel ? seulement un tremblement dans l’intemporel, une jolie éventualité, une projection intellectuelle, une occasion de futur…. … Mon heure devait arriver, l’attendre suffisait. Pas d’impatience, nul désarroi, rien qu’une éventualité, même pas… la fatalité. Une sérénité d’absolue rassurance, une tranquille perspective de faille temporelle inéluctable, juste quelques minutes de rencontre pour me libérer. Deux espoirs, deux amoureux, la Chance et je prendrai vie. Tout un avenir…
LUI, bel homme brun d’une toute petite trentaine. Sportif musclé, mobilisé par la patrie pour une deuxième guerre mondiale haïe. Il servait sous les drapeaux, dans le prestigieux uniforme des Sapeurs Pompiers de Paris, parti pour 6 ans de va-t-en guerre !! les attaques aériennes lâchaient des bombes dont il s’efforçait de calmer les dégâts. Les Galeries Lafayette brûlaient, le marché St Pierre était en cendres, des bateaux sur la Seine dérivaient, carbonisés… Puis, la résistance s’est révélée et les rouges camions ont tourné dans des rondes échevelées, d’explosions en attentats. Entre deux alertes, il dessinait. C’était son métier, il l’oubliait presque. Il s’imaginait sorti de cette tourmente, alors, il redeviendrait heureux et il aurait un enfant, une fille. Elle serait….
crayons, papier et à traits précis, cette petite fille prenait forme : un visage ovale, souriant, une peau mate, des cheveux bruns comme les siens, mais bouclés ; pour les yeux, une touche de vert et l’enfant prenait vie. C’était le Futur tracé sur le papier, c’était la promesse de gommer l’enfer.
Et puis, tout le temps s’est précipité : la Libération, les bals dans les rues, de Gaulle, la démobilisation, le retour au foyer……… Des semaines normales, calmes, tendres, amoureuses ; la Vie quoi !
Et vint le premier été ……..
J’étais dans une brassière rose, dressée toute raide par un lange rigoureux, lorsque la sage-femme m’a déposée dans ses bras : « la voilà, votre fille, 4 kgs 500 et 51 cms, Christine, m’a dit la maman ? » Il tremblait ; depuis un temps interminable, il attendait cet instant, nous y étions arrivés à nous trouver, lui et moi. Des temps immémoriaux nous avaient conduits l’un à l’autre. Il referma ses bras, j’étais dans un nid, ma petite oreille branchée pour la première fois sur son cœur dont la chanson m’accompagnerait désormais sans faille. Ses mains, douces coquilles tendres apprenaient le soyeux de ma peau. Sa voix, un long ruban grave de petits mots tendres, niais, répétant la chanson éternelle de l’Amour. Moi, à l’abri pour la première fois dans des bras d’homme. Toute une série de premières fois grâce à lui. C’était parti pour 43 ans 4 mois et 26 jours… Mon Père……..